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Les universités détiennent les clefs de la valorisation de la recherche

Plus de dix ans après la loi de 1999 qui introduit la valorisation de la recherche dans les missions de l’université, la mise en pratique de cet objectif peine à trouver ses marques et sa légitimité. Le Laboratoire de Recherche sur l’Industrie et l’Innovation (RII), dirigé par l’économiste et sociologue Dimitri Uzunidis a, entre autres, dressé le portrait des facteurs clefs de la valorisation. De la stratégie de valorisation des établissements de recherche à la loi en passant par la capacité du milieu économique à absorber les connaissances produites ou encore celle des entreprises et des chercheurs à saisir les opportunités, les facteurs sont, avant tout, intimement liés les uns aux autres. Pour Dimitri Uzunidis, seuls les établissements de recherche peuvent, en s’associant à l’échelle régionale mais aussi eurorégionale, créer les conditions d’un développement effectif de la valorisation et dépasser les clivages locaux qui parfois paralysent les initiatives. Cette première étape franchie, l’attractivité du territoire sera en mesure de faire venir les entrepreneurs et les entreprises qualifiées pour valoriser la recherche et produire les effets attendus sur l’économie.



D. UZUNIDIS, Directeur du laboratoire de Recherche sur l'Industrie et l'Innovation

Dimitri Uzunidis a exercé à la fois à l’OCDE puis au Ministère de l’industrie grecque avant de rejoindre l’Université du Littoral Côte d’Opale il y a une vingtaine d’années. “La valorisation de la recherche sur laquelle nous travaillons correspond à la “commercialisation” des connaissances c’est-à-dire, au delà du dépôt d’un brevet, à la transformation et l’exploitation des connaissances dans un objectif strictement économique. Cette définition de la valorisation mérite d’être rappelée car la recherche peut tout aussi bien être valorisée via les publications, par exemple, qui en sont à la fois la forme la plus attendue et la plus utilisée.”



Mobilisation à l’international

Les travaux du laboratoire ont permis de mettre en évidence les facteurs qui contribuent, positivement, ou négativement, à une valorisation de la recherche efficace. “Le premier facteur concerne la stratégie des établissements de recherche et des universités. Selon la place et les moyens qui sont octroyés à la valorisation dans le développement de l’institution, les résultats concrets seront très différents. À ce titre, la France fait figure de grande timide lorsqu’on la compare à des pays comme les Etats-Unis, la Grande-Bretagne ou l’Allemagne. Très concrètement, les universités de ces pays prennent une participation directe dans les entreprises créées par leurs chercheurs.”
À l’échelle régionale, diverses initiatives d’organisation des démarches de valorisation sont en cours : Pres-valo, les rapprochements entre universités, la constitution des pôles de compétitivité, etc. Mais, pour le chercheur, “atteindre la masse critique pour obtenir des résultats significatifs passe d’une part par un positionnement très clair sur des secteurs de recherche ciblés et, d’autre part, par le rapprochement des universités à l’échelle eurorégionale : la Belgique, le Kent sont des partenaires incontournables si le Nord-Pas de Calais entend trouver sa place.”



Un potentiel français à exploiter

Pour Dimitri Uzunidis, “la France bénéficie d’un potentiel scientifique de grande qualité mais la valorisation souffre de l’organisation pyramidale de la recherche nationale et des critères d’évaluation des chercheurs qui intègrent peu la question de la valorisation. Au delà, la mentalité française n'a pas encore admis la notion de spéculation, c’est-à-dire créer une entreprise, la faire grandir puis la revendre.”
Du côté du milieu économique, l’émergence des pôles de compétitivité a permis des rapprochements mais, pour Dimitri Uzunidis “ la valorisation “massive” de la recherche requiert la présence d’entreprises capables de saisir les opportunités qui sont encore peu nombreuses en région. Seul un affichage clair et commun de quelques secteurs d’excellence à l’échelle eurorégionale serait capable d’attirer les entreprises adhoc. Ce qui repose la question de la mobilisation incontournable et concrète des universités de la région en faveur de la valorisation.”



Pour info
  • Création d'ERGONOTICS

    François LIGER a créé le 30 juin sa société ERGONOTICS, implantée dans la Ruche CIEL de Villeneuve d'Ascq. Autour de ses savoir-faire de pointe dans la compréhension du langage en temps réel, elle développe et commercialise des solutions logicielles qui ont pour caractéristiques leur nature «intelligente» et leur facilité d’utilisation. ERGONOTICS lancera début 2011 son premier produit, un outil de productivité personnelle. Créée avec ses deux associés Anastasia Yanacopoulou et Gilles Volant, ERGONOTICS démarre sous de bons auspices, puisqu'elle est lauréate du concours d'aide à la création d'entreprises innovantes et a été distinguée par la LMI.

    www.ergonotics.com

  • Au coeur de l'Europe

    Idées-3com est lauréate de l'action "Innovation in the heart of europe", destinée à promouvoir les innovations technologiques dans l'Eurorégion Flandres Occidentales / Nord-Pas de Calais. Récompensée pour son configurateur d'appartements en ligne, qui permettra aux internautes d'insérer des meubles 3D dans une photo de la pièce téléchargée par leurs soins, l'entreprise bénéficiera d'une série d'actions de promotion de son innovation.

    www.idées-3com.com

  • Ce n'est qu'un au revoir...

    Après 5 ans de (très) bons et loyaux services, Gabrielle FREHAUT a souhaité donner une nouvelle tournure à sa carrière professionnelle et quitte le MITI le 7 septembre. Elle reste toutefois au coeur de l'innovation régionale, puisqu'elle intégrera prochainement l'équipe d'A-Volute, l'entreprise experte du son 3D et accompagnée par le MITI il y a quelques années. Nous souhaitons à Gabrielle satisfaction et réussite dans ses nouvelles fonctions.